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ISLAM ET DIPLOMATIE : Bakary Sambe théorise leur interconnexion

Lundi 6 septembre 2010

ISLAM ET DIPLOMATIE : Bakary Sambe théorise leur interconnexion

Écrit par OUSMANE DIOP
Source: lobservateur.sn

«On ne peut plus analyser les relations internationales sans prendre en compte le religieux», estime Bakary Sambe, expert en relations internationales et spécialiste des relations arabo-africains. Il défend cette idée dans «Islam et diplomatie : la politique africaine du Maroc», son ouvrage dont la cérémonie de dédicace a eu lieu, hier, à Dakar.

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La réflexion sur la question des relations internationales ne doit plus être seulement l’affaire des politiques et des États, mais aussi celle des communautés religieuses. Car, dans le contexte actuel des rapports entre l’Afrique subsaharienne et le monde arabe, les Oulémas devraient bénéficier d’avantage d’intérêt de la part des autorités étatiques, dans l’objectif d’améliorer les relations entre les deux parties. C’est en somme l’idée défendue par Bakary Sambe, à travers son ouvrage intitulé «Islam et diplomatie : la politique africaine du Maroc». Docteur en Sciences politiques, spécialiste des rapports arabo-africains et politologue, il explique dans ce livre l’importance du rôle que les croyances religieuses peuvent jouer dans les relations internationales. Pour étayer son point de vue, il s’est appuyé sur les bons rapports qu’entretiennent le Sénégal et le Maroc, grâce aux «acteurs incontournables» que sont les groupes religieux, notamment des confréries soufies.

Par ailleurs, l’écrivain estime que ce n’est pas souvent le cas avec l’État qui «tente de ménager des acteurs internes (…) pouvant, très souvent, lui garantir une onction religieuse, pour la légitimation de ses choix et orientations politiques». Convaincu que «Islam et diplomatie peuvent aller ensemble», M. Sambe est aussi d’avis qu’«on ne peut plus faire abstraction de ce à quoi les gens croient». «On ne peut plus analyser les relations internationales sans prendre en compte le religieux», a-t-il déclaré, hier, en marge de la cérémonie de dédicace de l’ouvrage lors de laquelle le ministre d’État, ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop, ainsi que celui des Collectivités locales, Alioune Sow, étaient présents. Ainsi, le jeu d’interaction, oscillant entre usage politique de symboles religieux et perpétuelle négociation de leur sens, avec des acteurs aux intérêts divergents ou complémentaires, est l’essence de cet ouvrage qui prend l’exemple du Maroc.

«L’Islam n’est pas le terrorisme, la peur, ni la violence, mais une religion de tolérance», a-t-il martelé, pour répondre à ceux qui placent les pays musulmans dans l’«Axe du mal», dont George Bush. D’ailleurs, pour étayer ses dires, il affirme que «96% des attentats en Europe sont faits par des non musulmans».

A travers Bakary Samb, Idrissa Seck rend un hommage aux «intellectuels arabisants”

Lundi 6 septembre 2010

A travers Bakary Samb, Idrissa Seck rend un hommage aux «intellectuels arabisants”

Source : Lequotidien.sn

Idrissa Seck est pour une autre approche dans l’enseignement confessionnel dans notre pays. Le maire de Thiès l’a fait savoir samedi au cours de la cérémonie de dédicaces de l’ouvrage intitulé : Islam et Démocratie : la politique africaine du Maroc, de l’universitaire Mbourois Bakary Sambe, chercheur et expert à la Fondation européenne pour la démocratie.

Idrissa Seck pour une autre approche dans l’enseignement confessionnel

Samedi, au cours de la cérémonie de dédicaces de l’ouvrage Islam et Démocratie : la politique africaine du Maroc, du chercheur Bakary Sambe, Idrissa Seck, le maire libéral de la ville de Thiès, «la plus arabisante du Sénégal», a commencé par rendre un hommage manifestement partisan aux «intellectuels arabisants» en affirmant avec force qu’une «telle élite doit être consultée sur les affaires de notre pays car (leur) savoir et (leur) savoir-faire sont indispensables à notre développement». Idris sa Seck qui se réfère à la bonne et solide formation universitaire de ces cadres, dans tous les temples du savoir islamique de par le monde et leur emploi à l’extérieur, invite l’Etat à faire bénéficier le pays de telles compétences.

En prenant exemple sur le spécialiste Bakary Sambe, le maire de Thiès a étendu son champ de réflexion aux autres intellectuels arabisants en insistant sur leur capacité à donner le meilleur d’eux-mê mes à leur pays. Un domaine com me la diplomatie, «en tant qu’art ou comme science», a été cité comme pouvant accueillir ces intellectuels arabisants afin de permettre à notre pays de «revivifier (nos) relations avec des pays partenaires traditionnels du Sénégal». Pour Idrissa Seck, ces intellectuels arabisants «constituent un immense espoir surtout à un moment où notre diplomatie devant se moderniser, a plus que besoin d’avis éclairés et constructifs dans la rationalisation de ses choix diplomatiques». M. Seck reste con vain cu que «l’implication accrue dans la conception et la conduite de notre diplomatie en direction du monde musulman», d’intellectuels arabisants comme Bakary Sambe «don nerait plus d’éclat aux importantes rencontres internationales initiées par notre pays et éviterait que des prises de position insuffisamment éclairées viennent à froisser certains partenaires-clés du Sé né gal».

Par ailleurs, l’ancien Premier ministre qui se dit favorable à la lar ge concertation que le président de la République a ouverte sur l’avenir des «daaras» (écoles coraniques) et leur modernisation et le recrutement d’enseignants en langue arabe, souhaite voir les pouvoirs publics aller plus loin en formalisant cet enseignement avec la création «d’une grande direction chargée du privé confessionnel, donnant toute sa place à l’enseignement privé mu sulman aux côtés de ceux catholiques et protestants». Pour Idrissa Seck, «il y va de notre laïcité garantissant l’égal traitement de toutes les confessions qui doivent ainsi s’épanouir dans un cadre apaisé fait d’une harmonieuse cohabitation et de tolérance».

L’OUVRAGE EN QUESTION

Le Dr en Sciences politiques, Bakary Sambe, pénètre, dans cet essai, les relations internationales à travers le facteur religieux. Un facteur, selon lui, rarement pris en compte, à tort, par les chercheurs qui tentent d’étudier les enjeux des rapports entre l’Afrique subsaharienne et le monde arabe. Ces derniers se focalisent sur l’économie, la géopolitique ou leurs seuls intérêts stratégiques. Cette approche institutionnaliste des relations internationales néglige, à son avis, la place de l’individu, des groupes religieux, ainsi que l’efficacité politique des symboles permettant la mise en place de réseaux informels, alors que des confréries soufi, par exemple, s’imposent depuis toujours comme des acteurs incontournables dans la coopération entre le Maroc et le Sénégal.

Irruption «des individus et des acteurs ordinaires» dans le champ des rapports internationaux a donc créé, selon l’auteur, une rivalité avec l’Etat, désormais fortement concurrencé de toutes parts dans son action, faisant même croire parfois à «une diplomatie parallèle dans bien des cas». Ce qui amène l’Etat, en tant qu’institution, à adapter ses stratégies face à cette nouvelle donne. Bien que forte de sa souveraineté, cet Etat tente, selon l’auteur, de ménager des acteurs internes aux relations et réseaux internationaux plus que performants, pouvant, très souvent, «lui garantir une onction religieuse, pour la légitimation de ses choix et orientations politiques». C’est ce jeu d’interaction mettant en scène des acteurs aux intérêts divergents ou complémentaires qui est au centre de cet ouvrage qui se propose d’analyser un tel fait en appuyant sur le cas du Maroc.

En plus, l’auteur revient sur la particularité de ce pays frère, le Maroc au sein du Maghreb et du monde arabe, «qui en fait un pays au carrefour de l’africanité, de la berbérité et de l’arabité, mais depuis toujours impliqué en Afrique sub-saharienne». L’ouvrage analyse les facteurs qui garantissent au Maroc, «un pays de ressourcement spirituel pour des millions d’Africains», «son prestige diplomatique» sur le continent qui est fondé, selon Bakary Sambe, sur «l’histoire et son modèle religieux».

Particularité de cette cérémonie de dédicaces : aucune critique assez osée n’a été faite sur le travail de l’intellectuel arabisant. Seul un proche du maire de la ville, l’enseignant en langue arabe, Cheikh Tidiane Djité, s’est permis de faire remarquer à l’auteur que nulle part dans son livre, il ne s’est référé au Livre Saint pour montrer combien la diplomatie était tenue en compte dans l’Islam. Cet enseignant renvoyait son collègue à l’histoire de l’arrivée du Prophète Mohamed (Psl) à la Mecque, qui n’a pu se réaliser que grâce à des négociations, tel que c’est écrit dans les versets 63 à 64 de la sourate «Al Imrane».

Correspondant
lequotidien.sn

Dr Bacary Sambe pour une contribution intellectuelle des Africains à la marche du monde

Mercredi 18 août 2010

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Dr Bacary Sambe pour une contribution intellectuelle des Africains à la marche du monde

Dakar, 13 août (APS) – Le chercheur et politologue sénégalais Bakary Sambe a confié à l’APS que l’ouvrage qu’il vient de consacrer à la place de l’islam dans les relations internationales s’inscrit dans une rupture visant à amener les Africains à apporter ‘’cet œil d’être du dedans’’ dans l’analyse du monde, ‘’pour mieux expliquer les phénomènes.’’

’’J’ai voulu modestement participer à une rupture qui à mon avis doit s’amorcer, c’est-à-dire que les paradigmes développés et entretenus par les universités occidentales et les chercheurs occidentaux, ces paradigmes-là ont été le fruit de terrains qui sont différents des nôtres et donc forcément ne peuvent pas aider à concevoir et à expliquer parfaitement nos terrains et nos réalités’’, a-t-il déclaré.

’’Nous, les Africains en tout cas, nous devons prendre en charge les problématiques liées à la conceptualisation de certaines questions nous concernant et ne pas s’adonner à une reproduction intellectuelle à l’infini’’, a dit le chercheur.

Selon M. Sambe, chercheur à la Fondation européenne pour la démocratie à Bruxelles, il s’agit d’’’imposer une rupture et dire que nous pouvons désormais concevoir nos réalités, sans entrer dans un certain sectarisme, mais concevoir nos réalités en y apportant cet œil d’être du dedans pour mieux expliquer les phénomènes.’’

Dr Bacary Sambe, par ailleurs chercheur associé au Groupes de recherches sur la Méditerranée et le Moyen Orient (Lyon), a présenté récemment à Dakar et dans certaines villes du Sénégal, son livre intitulé « Islam et diplomatie : la politique africaine du Maroc. »

Il a souligné que l’analyse dont se prévaut cet ouvrage plaide pour la prise en compte des acteurs religieux, ordinaires ou associatifs e vue de ‘’compléter largement la conception des relations internationales’’ et les études y afférentes.

Les relations internationales ‘’ne sont pas que des relations interétatiques, mais on doit désormais prendre en compte le facteur religieux comme les facteurs culturels pour les introduire dans la conception’’ de ce domaine de recherche, a-t-il souligné.

‘’Ce qui m’intéressait beaucoup plus’’ dans ce livre, ‘’c’était la manière dont les acteurs politiques et diplomatiques pouvaient s’appuyer sur le facteur religieux et construire une politique, notamment une politique africaine, a-t-il dit. Et comment aussi ces facteurs religieux étaient manipulés à l’infini par les acteurs diplomatiques selon les contextes et les enjeux pour construire une politique étrangère’’.

Il a ajouté qu’écrire un tel livre après le 11 septembre 2001, ‘’entre dans le cadre d’un rétablissement de certaines vérités importantes’’, alors que des théoriciens ont tendance à parler de l’islam comme d’un ‘’péril vert’’ succédant au ‘’péril rouge’’ représenté par le communisme.

Dans ce cadre, le propos consiste à rappeler que ‘’l’islam dans son esprit en tout cas n’est pas synonyme de violence, l’islam n’est pas seulement un facteur déstabilisateur mais peut-être dans certaines conditions comme celles que j’ai évoquées dans mon livre, un facteur d’union, de cohésion et un acteur facilitateur de rapports entre des pays, en s’appuyant sur cette forme de fraternité religieuse, ce que Maxime Rodinson appelait +un patriotisme de communauté+’’, a expliqué Dr Bacary Sambe.

 

BK/CTN

L’islam sera de plus en plus prépondérant dans les relations internationales

Mercredi 18 août 2010

aps.sn – L’islam sera de plus en plus prépondérant dans les relations internationales, selon Dr BaKary Sambe

Les effets de la crise financière internationale, ajoutés à la fin des blocs et des pré carrés, préfigurent une reconfiguration des relations internationales, avec un rôle de plus en plus important dévolu au facteur religieux islamique, a soutenu le politologue et chercheur sénégalais Dr Bakary Sambe.

’’La crise financière internationale, la multiplication des partenaires, la mise en valeur de la coopération Sud-Sud, la fin des blocs, des pré carrés tout ceci prédestine le facteur religieux, le facteur islamique’’ comme un élément ‘’de plus en plus important’’, a notamment M. Sambe dans un entretien avec l’APS Auteur d’un livre récemment présenté à Dakar et intitulé « Islam et diplomatie : la politique africaine du Maroc », le chercheur relève qu’avec les dérèglements nés de la crise économique et financière, ‘’on pense beaucoup plus aux fonds souverains etc. et à la finance islamique’’ de façon générale. ’’Je pense que cette conscience –là qui était sans cohésion peut-être renforcée par un sentiment de pouvoir représenter quelque chose sur la balance des pouvoirs sur le plan international’’, a analysé Dr Bakary Sambe, chercheur à la Fondation européenne pour la démocratie à Bruxelles.

Le monde musulman se présentant ‘’comme une forme d’alternative Sud-Sud’’, il ‘’pourrait apporter quelque chose de nouveau dans la configuration des rapports internationaux’’, a ajouté M. Sambe, également chercheur associé au Groupes de recherches sur la Méditerranée et le Moyen Orient (Lyon). Sur cette base, l’importance de la finance islamique, de plus en plus prise en compte en Occident, devrait ‘’se matérialiser’’ par une plus grande présence ce ces institutions financières en Afrique notamment, a-t-il indiqué.

Il a relevé que sur ce plan, le président sénégalais Abdoulaye Wade ‘’a raison de dire qu’on arrête de faire de la finance islamique pour enrichir la Bourse à Londres’’, en appelant les pays détenteurs de fonds souverains à privilégier ‘’la solidarité inter islamique.’’ ’’On a vu, a-t-il souligné, l’assaut de la Chine mais le monde arabe maintenant a compris que l’Afrique est véritablement un enjeu non seulement de politique internationale mais un enjeu économique. Donc les pays africains pourraient tirer profit de cette finance-là’’.

Selon le chercheur, ‘’il reste maintenant à ce que la finance islamique quitte la sphère des théoriciens et économistes et se matérialise dans la vie de tous les jours avec l’ouverture de banques islamiques, la facilitation de prêts. C’est sûr que ça pourrait amener un plus dans les économies du Tiers-monde et du monde musulman’’.

Dr Bacary Sambe a fait observer que ‘’plus de mille milliards’’ de dollars représentant les fonds souverains sont en circulation dans le monde. Or, depuis le 11 septembre 2001 et le gel dans les banques occidentales des avoirs de certains pays arabes, ces derniers se tournent davantage vers des pays du continent africain.

DIPLOMATIE : Les relations internationales sous le prisme de la religion

Mardi 3 août 2010

DIPLOMATIE : Les relations internationales sous le prisme de la religion (Le Soleil 31/07/2010)

Quel est l’impact de la religion dans les relations internationales ? Tel est l’objet de la nouvelle publication « Islam et diplomatie : la politique africaine du Maroc ». Le Dr Bakary Samb, chercheur à la Fondation européenne pour la démocratie à Bruxelles, présente le 3 août 2010, à Dakar, son nouvel ouvrage. Il est publié aux Editions Marsam, Rabat, Juillet 2010. La manifestation est organisée en collaboration avec le Cercle Sénégal-Maroc pour l’amitié et la fraternité.

La pertinence du facteur religieux en matière diplomatique est la trame de l’ouvrage du Dr Bakary Samb, « Islam et diplomatie : la politique africaine du Maroc ». Un document de présentation explique que l’ouvrage tente de revisiter, à travers le cas des relations arabo-africaines, les différents paradigmes des relations internationales.

« Il passe en revue toutes ces théories en essayant de battre en brèche l’idée, selon laquelle, le religieux en général et l’Islam en particulier serait un facteur marginal dans la marche des sociétés et du monde », précise le texte.

Après des décennies de modernisation économique et sociale, la reprise de vigueur de la religion sous différentes expressions, fit croire à une véritable « revanche de Dieu ».

Mais l’effondrement de l’Union soviétique et la chute du Mur de Berlin, vont être interprétés par Francis Fukuyama in : « La fin de l’Histoire et le dernier homme », Flammarion, 1992, comme la « fin de l’histoire » et la victoire sans appel de la démocratie libérale comme forme finale de tout « gouvernement » humain. Cette nouvelle donne, marquée par la défaillance de l’ennemi soviétique sur lequel l’Occident s’appuyait pour se « terroriser », a poussé ce dernier à désigner ou imaginer les « nouveaux barbares » de l’Empire, tel que l’explique « L’Empire et les nouveaux barbares », Ed. J-C Lattès, 1991, p.9.

Ainsi, en voulant étudier cette place diplomatique du Maroc acquise surtout par le biais d’un modèle religieux et de réseaux non institutionnels, l’objectif est, précisément, souligne le document, de se pencher plus sur l’impact du religieux, de l’usage qui en est fait, que sur une sociologie religieuse en soi.

Pour le Dr Samb, le religieux demeure une donnée fondamentale de ces sociétés et influe, encore, sur les autres dimensions de la vie sociale.

Dans ce cas, argue-t-il, « il ne s’agit ni d’une sécularisation des rapports sociaux encore moins d’un renouveau du religieux. Le sentiment religieux y est intact et peut, sous différentes formes, se manifester sur les autres activités et dimensions de la vie sociale ».

El Hadji Massiga FAYE

MAP- Parution à Dakar de l’ouvrage « Islam et diplomatie: la politique africaine du Maroc »

Mardi 3 août 2010

Parution à Dakar de l’ouvrage « Islam et diplomatie: la politique africaine du Maroc »

MAP le 31 Juillet 2010

Dakar – Le politologue et chercheur sénégalais, Dr. Bacary Sambe, présentera, mardi à Dakar, son ouvrage intitulé « Islam et diplomatie: la politique africaine du Maroc » qui sera distribué dans les librairies dakaroises courant août.

ors d’une rencontre organisée en collaboration avec le Cercle Sénégal-Maroc pour l’amitié et la fraternité, Bacary Sambe présentera son nouvel ouvrage qui sera l’occasion d’un échange avec l’audience sur les liens séculaires entre le Maroc et le Sénégal, en particulier, et les pays de l’Afrique de l’Ouest en général.

Des liens séculaires où la dimension religieuse revêt une importance particulière, compte tenu du rayonnement spirituel du Royaume au niveau du continent africain qu’illustre parfaitement la Tariqa Tijaniya qui compte des millions d’adeptes dans les différents pays d’Afrique de l’Ouest.

L’approche institutionnaliste des relations internationales néglige la place de l’individu, des groupes religieux, ainsi que l’efficacité politique des symboles permettant la mise en place de réseaux informels, alors que des confréries soufies s’imposent, depuis toujours, comme des acteurs incontournables dans la coopération entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne, explique à ce sujet l’auteur de l’ouvrage.

Ce jeu d’interaction, oscillant entre usage politique de symboles religieux et perpétuelle négociation de sens, mettant en scène des acteurs aux intérêts divergents ou complémentaires, est au centre de cet ouvrage qui se propose d’analyser un tel fait en s’appuyant sur l’exemple du Maroc, explique-t-il.

L’ouvrage tente d’analyser les facteurs qui garantissent au Maroc, « pays de ressourcement spirituel pour des millions d’Africains, des Almoravides aux Saâdiens et Mérinides, des routes transsahariennes aux réseaux de la Tijaniyya », son « prestige diplomatique en Afrique », fondé sur l’histoire, l’imaginaire et surtout son statut de « modèle religieux », souligne le politologue sénégalais.

L’auteur part, ainsi, de ce passé historique pour déboucher sur les stratégies africaines du Maroc contemporain qui a toujours pu s’appuyer sur un héritage largement nourri de références religieuses et spirituelles.

Bakary Sambe est Docteur en Sciences politiques spécialisé en Relations internationales (IEP de Lyon) et titulaire d’un Master en langues et civilisations étrangères. Il est chercheur au sein du Groupe de recherches sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO) connu pour ses études des rapports arabo-africains.

La Tijâniyya fait le ciment de la spécificité des relations entre les deux pays, rappelle Dr. Bakary SAMBE

Mardi 3 août 2010

SENEGAL-MAROC-DIPLOMATIE

La Tijâniyya fait le ciment de la spécificité des relations entre les deux pays, rappelle Dr. Bakary SAMBE

02/08/2010 14:40 GMT

Dakar, 2 août (APS) – La dimension sociopolitique de la confrérie Tijâniyya, combinée à l’instrumentalisation des liens tissés à travers elle, explique la spécificité des rapports sénégalomarocains, en même temps que leur ’caractère durable’’, estime le politologue et chercheur sénégalais Bakary Sambe.

« La dimension sociopolitique de la confrérie Tijâniyya, des liens tissés à travers elle ainsi que leur instrumentalisation donnent aux rapports sénégalo-marocains leur spécificité. Elle est aussi à l’origine de leur caractère durable’’, écrit-il dans un essai paru récemment au Maroc sous le titre « Islam et diplomatie : la politique africaine du Maroc. »

Cette dimension est moins importante dans les autres confréries présentes au Sénégal. Le plus frappant c’est qu’on ne peut parler (du moins au Sénégal) de relations sénégalomarocaines sans faire référence à la Tijâniyya », explique M. Sambe docteur en sciences politiques et chercheur associé au Groupes de recherches sur la Méditerranée et le Moyen Orient (Lyon).

Selon l’auteur qui tient mardi une conférence presse à l’occasion de la sortie de l’ouvrage à Dakar, la confrérie est comme la base, sinon le soutien religieux, des rapports politiques en question.

« Cette situation, explique-t-il, renforce l’idée d’un +réseau tijâni+ qui serait, par le jeu de perceptions et d’amalgames +volontaires+ et politiquement rentables, au centre des relations entre les deux pays. »

« Cette piste, indique-t-il, quelle qu’en puissent être l’issue, est la seule qui permette de saisir le mode de fonctionnement inhabituel en matière bilatérale, qui caractérise les rapports marocosénégalais. »

« Dans cette coopération entre les deux pays, les relations personnelles entre acteurs politiques sont doublées d’autres raccourcis insaisissables par une simple analyse des mécanismes institutionnels », analyse l’auteur.

« Une observation ne serait-ce que superficielle de cette coopération pourrait amener à penser qu’elle occulte un phénomène beaucoup plus complexe et non moins intéressant : la manière dont les acteurs politiques et religieux se complètent ou s’utilisent mutuellement, se rendent service, selon les enjeux et les situations », fait remarquer M. Sambe.

AKS/BK

Les arabisants sénégalais : Une contre-élite à l’heure de la reconfiguration du champ politico-religieux

Mardi 29 juin 2010

par Bakary SAMBE

Les arabisants sénégalais :
Une contre-élite à l’heure de la reconfiguration du champ politico-religieux

Il y a quelques semaines, dans les colonnes de Walfadjri, Penda Mbow attirait l’attention sur la situation de ces nombreux sénégalais en formation dans les universités du monde arabe. Elle a tenté de lever certaines équivoques sur cette frange de l’intelligentsia sénégalaise souvent mal comprise et dont une certaine élite « francophone » sous-estime les possibilités d’apport au débat et à la marche de la société. Il convient pour nous, d’aller à la source d’un tel malentendu et de retracer l’itinéraire de cette « contre-élite » pour ainsi comprendre la manière dont leur contestation d’un modèle sociopolitique se cache très souvent derrière celle d’un système qui ne leur fait pas de place, surtout au moment où nous assistons à une reconfiguration du champ politico-religieux sénégalais.

Ces lettrés sénégalais sont issus de ce type d’enseignement cherchant encore sa place et qui est, paradoxalement, le premier qu’a connu le Sénégal bien avant l’époque coloniale inaugurant l’ère de l’« école nouvelle » dont parlait Cheikh Hamidou Kane. Pour preuve, Ca Da Mosto, un voyageur portugais qui sillonna le Sénégal de 1455 à 1457 faisait, déjà, mention, dans ses écrits, de la présence de quelques lettrés arabes dans la cour du Djoloff enseignant l’arabe et l’islam aux princes du royaume. Tant qu’ils sont dans les écoles coraniques, généralement tenues par des cheikhs d’obédience soufie, les futurs « arabisants » sont, dans leur majorité, des adeptes des différentes confréries religieuses que compte le pays. Leur passage aux « écoles arabes » privées, construites dans les grandes villes, grâce à l’aide des pays arabes, constitue le premier contact avec un autre type d’islam. Aux yeux de ces arabisants, cet islam est plus « moderne » car les connectant directement au reste du monde musulman, à la différence des confréries locales. Cette « connexion musulmane » dont parlait, déjà, Christian Coulon se fait à travers les manuels et livres importés des différents pays du Maghreb et du Machrek. Il faut savoir que le recours aux manuels arabes est le seul moyen possible pour l’acquisition de connaissances sur les nouvelles disciplines inexistantes à l’école coranique traditionnelle ou tout autrement traité. On parle d’ailleurs de « livres blancs » (tééré you weekh yi » par oppositions aux « livres jaunes », ces livres traditionnels, ou « Mutun » enseignés dans les écoles coraniques. L’Etat sénégalais, lui, n’a aucune emprise sur l’orientation de cet enseignement qui, pour les associations islamiques, est délaissé, voire combattu, par les pouvoirs publics. Les associations islamiques, elles, ont les moyens « relationnels » d’envoyer les élèves sortis de leurs propres écoles, poursuivre leur formation dans des « pays partenaires ». Par cette forme de partenariat, la plupart des anciens élèves du « Mouvement al-FalâÎ pour la Culture Salafiste », proche de l’Arabie Saoudite, rejoignaient l’Université Islamique de Médine et s’inscrivent, généralement, en faculté de Sharî’a ou Usûlu Dîn.

L’orientation wahhabite claire de cette organisation la met en contact direct avec les institutions religieuses et universitaires de l’Arabie Saoudite sans passer par les circuits officiels du gouvernement sénégalais. Quant à la Jamâ’at ‘Ibâd Rahmân, apparemment plus autonome à l’égard de l’Arabie Saoudite et des autres pays arabes mais avec une plus grande culture et maturité politiques, il compte plusieurs anciens élèves dans d’autres pays comme l’Egypte ou même, depuis peu, en Jordanie. Un partenariat moins officiel avec le courant des Frères Musulmans lui donne la possibilité d’obtenir des bourses à ses meilleurs élèves-militants. Chaque année, différents pays arabes offrent des bourses à l’Etat sénégalais. Parmi eux, l’Arabie Saoudite, l’Egypte, le Maroc, les Emirats Arabes Unis, le Koweït ou encore le Soudan. Il faut, cependant, signaler que, pour le cas de ce dernier pays, il s’agit d’une stratégie de « décentralisation » de la part de l’Arabie Saoudite. Depuis quelques années, pour éviter certains « problèmes » liés à l’immigration, le royaume wahhabite, construit des instituts et universités islamiques dans d’autres pays susceptibles d’accueillir des étudiants venant de tout le monde musulman. C’est ainsi que, sous la couverture et le soutien financier de l’Arabie Saoudite, l’université islamique de Khartoum organise chaque année des concours de recrutement des futurs lauréats des bourses saoudiennes. Il faudrait aussi mettre dans ce cadre l’Université islamique du Sahel au Niger. De même, le séminaire de formation qui a lieu, chaque été, à Dakar, à l’Institut islamique, est clôturé par des examens dont le classement servira à sélectionner les futurs boursiers sénégalais de l’Université islamique de Médine.

Avant la seconde guerre du Golfe, en 1991, le Koweït octroyait de nombreuses bourses et avait la particularité d’être l’un des rares pays à permettre aux étudiants sénégalais de poursuivre leurs études dans d’autres disciplines autres que littéraires ou religieuses, dans des disciplines scientifiques par exemple (sciences de l’ingénieur). Le Maroc, propose deux sortes de bourses : celles destinées aux francophones et gérées par l’Etat, par le biais du Ministère de l’Education nationale, dans le cadre du conseil interministériel qui réunit les deux pays, et les autres décernées par des organisations religieuses, comme la Ligue des oulémas du Maroc et du Sénégal à des arabisants, généralement poursuivant des études islamiques à Fès ou à Al-Jadîdah.
L’Irak alors baasiste était, aussi, une des destinations des étudiants sénégalais arabophones tant qu’il était un partenaire circonstanciel du Sénégal, durant sa longue guerre qui l’opposait à l’Iran chiite. Ce fut la période des grands chantiers irakiens dont le Centre culturel Saddam Hussein à Dakar.

Dans le cadre de sa politique panarabe, La Syrie essayait de donner, à de nombreux sénégalais, la possibilité de poursuivre leurs études dans ses différentes universités à Damas et à Alep, par une aide apportée aux pays promouvant l’enseignement de l’arabe. On dirait que la lutte pour le leadership dans le monde arabe comportait, ainsi, un volet culturel qui se manifeste par la recherche d’influence dans les autres pays, même non arabes en en formant une partie de l’élite.
Derrière tous ces efforts de soutien de la langue arabe pour certains, et de la religion musulmane, pour d’autres, il y avait une volonté de se doter d’un statut de pays phare du monde arabe ou arabo-islamique, devant servir de modèle religieux et culturel. Nous reviendrons sur cette quête de modèle religieux qui donne lieu, quelques fois, à un véritable affrontement par mouvements islamiques ou confréries interposées, véritables relais dans des relations où le facteur religieux peut être déterminant par rapport aux autres ressources politiques ou diplomatiques.

Il s’agit, pour ces pays, de former le maximum d’étudiants étrangers, notamment africains, afin que ceux-ci, après leurs études, soient les « ambassadeurs » et promoteurs des cultures respectives dans lesquelles ils ont acquis leur formation. Autrement dit, le lieu d’acquisition de la culture est déterminant dans le choix des futurs partenaires, comme nous dira un de nos interlocuteurs, aujourd’hui à la tête d’un grand mouvement islamique soutenu par l’Arabie Saoudite. Les pays arabes ont certainement compris cette donne et en font un des éléments clés pour orienter leur politique africaine.
C’est ce lien qui fait d’eux les représentants d’un autre islam opposé ou alternatif à celui local, confrérique et presque spécifiquement sénégalais. Certes, des confréries auront des contacts avec l’extérieur mais sans que cela puisse avoir un impact sur leur orientation soufie. On pourrait penser à une stratégie d’adaptation ou, du moins, de résistance pour subsister dans un monde où il y a une interpénétration des enjeux. .L’enjeu même des associations islamiques fondées pour la plupart par des arabisants, réside dans ce double rôle de représenter, en tout cas, dans le discours, un islam anti-confrérique, militant et, généralement, contestataire. Est-ce le premier signe d’une opposition à un système verrouillé qui ne leur fait pas de place ?

Il est vrai qu’à travers l’action des associations islamiques il y a, quelques fois, une contestation du système confrérique, considéré comme statique et incapable d’ « internationaliser » l’islam sénégalais, de le connecter au reste de la Ummah. La politique étatique, de tout le temps, conçue comme « hostile à l’épanouissement et au développement de l’islam » dans un pays où les musulmans sont largement majoritaires est, aussi, la cible de leurs critiques. Ces deux types de contestations sont à la base de l’existence des associations islamiques du type moderne au Sénégal : un véritable paradoxe si l’on sait que les premiers lettrés ayant étudié dans le monde arabe furent les « enfants » des maisons confrériques.
Par cette opposition aux confréries qui, il est vrai, s’est beaucoup atténuée, quelques fois modérées par des circonstances sociopolitiques, et une attitude contestataire face à l’ordre institutionnel dans lequel, ils ont du mal à s’intégrer, les militants associatifs islamiques, essayent donc de s’affirmer ailleurs et autrement. La principale cause de leur exclusion du système, ainsi, contesté est le non-maniement de la langue officielle, le français.

Ils essayent, ainsi, de transférer le conflit ailleurs où leur maîtrise du débat religieux et de langue arabe, sacralisée dans les perceptions, leur permettra de mieux affronter l’Etat et ses institutions qui ne leur font aucune place. Ce capital symbolique, ils sauront aussi le réinvestir dans la production d’un contre-modèle, ou du moins, d’un modèle concurrent par rapport à celui des élites « francisées » pour, quelques fois, s’accaparer le débat religieux dont ils font un domaine réservé.

Arabisants et sphère politique : « Islamisation de la contestation » ou vrai mal d’intégration ?

Le concept d’islamisation de la contestation repris par Gilles Kepel pourrait, à première vue, s’appliquer à la stratégie des élites arabisantes. Parti du constat selon lequel leur intégration dans les circuits économiques et du pouvoir politique est entravée par, non pas un manque d’instruction, mais la non-maîtrise de la langue des institutions, les arabisants du Sénégal vont recourir à l’islam, ressource symbolique qu’ils maîtrisent mieux que quiconque, pour s’affirmer sur le terrain de la contestation . Cette dernière étant un thème éternellement porteur dans des contextes sociopolitiques particulièrement marqués par l’insuffisance des ressources en tout genre, constitue, pour eux, un véritable capital. Il sera investi et géré selon les fluctuations afin d’en tirer les profits dont ils sont privés ailleurs par un certain handicap linguistique.
Mais, quelque part, dans le cas du Sénégal, le concept d’islamisation de la contestation cher à G. Kepel serait plus ou moins réducteur car il s’agit en même temps d’une stratégie d’affirmation. Là où ils sont considérés comme d’un faible poids sur les institutions et la classe dirigeante, ils essayeront de peser sur les consciences populaires et massives, par une inégalable manipulation des symboles religieux. Conscients de la force de tels symboles, les pouvoirs publics, ne voulant pas s’inscrire dans une éternelle situation de conflits avec cette « élite frustrée », essayent de s’accorder les faveurs de partenaires qui peuvent être utiles, au moins, en matière de politique étrangère. Ce procédé est efficace et sans risques politiques internes, pour l’Etat, dans le sens où cette collaboration en politique étrangère avec les contestataires de l’ordre interne, n’entame en rien ses rapports « cordiaux » avec les confréries et leurs marabouts ; véritables alliés électoraux.

La première association islamique du Sénégal vit le jour au milieu des années 50 que. Elle est, d’ailleurs, née de la contestation d’une décision politique. Suite à la suppression des bourses d’études de Sénégalais en Algérie, en Tunisie et au Maroc, les étudiants, mécontents, formèrent, à leur retour au pays, l’Union Culturelle Musulmane dirigée depuis par Ahmed Iyane Thiam. Cette génération fut, par la suite, de proches collaborateurs du régime de Léopold Sédar Senghor, pourtant, à l’origine d’une telle décision.
Ils furent, dans leur majorité, intégrés dans les circuits étatiques, au sein des différents ministères. Sous cet aspect, Mar Fall , se posait la question à savoir si les arabisants constituent réellement une contre-élite ou de simples courtiers de l’Etat. Mais cette manière d’absorber la contestation par des rétributions matérielles ou symboliques montra, très vite, ses limites économiques, devant une raréfaction progressive des ressources et donc une intensification de la conflictualité.

Le sort des premiers arabisants fut fort différent de celui des générations suivantes qui auront du mal à trouver leur place dans un système dont la langue française demeure la clé et l’ascenseur social. Peut être que la première génération, qui, jusqu’ici, avait étudié dans le Maghreb, principalement, en Tunisie et fréquenté le célèbre collège franco-arabe de Dakar, avait plus de chance de servir l’Etat. Ils étaient principalement traducteurs, interprètes et même, pour certains, auxiliaires des Affaires étrangères dans les ambassades de la jeune République de Sénégal, dès 1960. Une section fut ouverte, dans la foulée, à l’ENAM, pour les y intégrer afin de servir la diplomatie sénégalaise dans le monde arabe.

Léopold Sédar Senghor, président de confession chrétienne, d’un pays à majorité musulmane, avait besoin de relais et d’émissaires auprès des partenaires arabes surtout dans les années 70 avec les terribles vagues de sécheresse qui frappèrent le Sénégal, à l’économie reposant essentiellement sur l’agriculture. Les fonds arabes étaient, alors, très prisés pour renflouer les caisses de l’Etat. Avec les chocs pétroliers successifs, les économies africaines, comme celles de tout le tiers-monde, étaient à la recherche de soutiens financiers.
Pour mieux bénéficier des pétrodollars, les Etats africains avaient développé une diplomatie active en direction du monde arabe qui cherchait, aussi, des soutiens politiques pour ses différentes causes. La présence, au Sénégal, d’une élite, produit des universités du monde arabe, se révéla, alors, un grand atout pour sa jeune diplomatie. Ainsi, les premiers arabisants furent largement associés à ces initiatives et devinrent de véritables collaborateurs de l’Etat, surtout, aux Affaires Etrangères.

Trouvant ce circuit saturé, la seconde génération aura le pressentiment d’être exclue et ne pourra espérer aucune ascension sociale. Cette génération produira de grandes figures d’opposants. Elle n’a jamais pu supporter cette exclusion injuste et de facto.
Les chefs confrériques, alliés d’un pouvoir se disant laïque, seront, de ce fait, la cible privilégiée des militants associatifs islamiques. De telles données que sont la collaboration avec l’Etat, la proximité ou l’opposition aux confréries sont des aspects importants qu’il faut prendre en compte pour analyser et comprendre l’orientation et les actions des associations islamiques.

De manière générale, plus elles sont proches des cercles confrériques ou de l’Etat, les associations tiennent un discours qu’on peut qualifier de modéré ou conciliateurs. Aussi, les associations se déclarant en rupture totale avec les confréries et marquant leur distance par rapport à l’action étatique s’inscrivent-elles plus dans une dimension internationale, se solidarisent avec d’autres mouvements islamiques du monde arabe et, par conséquent, se caractérisent par un certain radicalisme dans le discours et dans l’attitude face à l’action publique de l’Etat.
D’une certaine manière, il y a une évolution considérable du champ islamique sénégalais que les africanistes du Nord n’arrivent pas encore à intégrer. Ils continuent à fonctionner avec un schéma hérité des perceptions issues de la littérature coloniale sur l’islam sénégalais des années 50, fondé sur une dualité entre confréries et associations islamiques dites réformistes.

Il y a de cela plus de dix ans, lors d’un colloque, nous nous étions attiré les foudres des africanistes parisiens en appelant à un renouvellement des paradigmes dans l’approche de l’islam au Sud du Sahara, notamment au Sénégal, où nous parlions d’une transition islamique : le terrain religieux est devenu le catalyseur de la contestation, thème politique le plus porteur dans un contexte de grandes difficultés socio-économiques. L’autre signe de la reconfiguration du champ islamique sénégalais est cette montée en puissance, au sein même des confréries, de mouvements périphériques déplaçant les lignes traditionnelles pour ce qui est de la légitimité et du leadership. En même temps, une nouvelle génération d’arabisants, certes, divisée entre partisans d’une modernisation de l’islam et d’une islamisation de la modernité, est venue densifier et rendre encore plus complexe le champ habituel des interactions entre pouvoir politique et détenteurs de la parole religieuse écoutée.

Dans un tel environnement, une élite intellectuelle comme celle des arabisants ne manquera pas de faire entendre sa voix surtout si elle part du postulat selon lequel, le modèle qui a régné depuis les indépendances a déçu dans bien des domaines et surtout qu’elle peut massifier les rangs de la contestation en recrutant chez les déçus du système confrérique. C’est là où elle semble vouloir se poser en alternative venant se greffer à l’offre politique déjà abondante dans un pays en pleine recherche de modèles.

Dr. Bakary SAMBE, Politologue spécialiste du monde musulman, Chercheur à la European Foundation for Democracy, Bruxelles, bakary.sambe@gmail.com

INTERDICTION DE LA BURQA EN FRANCE (Interwiew de Bakary SAMBE sur le Voix de l’Amérique)

Dimanche 31 janvier 2010

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Interdiction de la Burqa en France (Interview de Bakary SAMBE sur la Voix de l’Amérique)

26/01/2010

Une commission parlementaire française recommande l’interdiction du niqab, voile intégral recouvrant tout le visage à l’exception des yeux. Dans son rapport, la commission estime qu’il doit être banni de tous les lieux publics, tels hôpitaux, écoles et transports en commun. Ce rapport intervient en plein débat sur l’identité nationale en France.

« Il faut savoir quelle est la part de la religion et quelle est la part des coutumes ancestrales des sociétés concernées », explique Bakary Sambe, professeur de sciences politiques à l’Institut pour l’étude des civilisations musulmanes. Relevant l’absence d’un énoncé spécifique du Coran sur la question, le professeur Sambe a dit qu’il se peut qu’on ait affaire à une « pratique imposée par les parents, les frères, voire les responsables religieux locaux ou politiques. »

« Tant que les femmes concernées ne portent pas plainte contre les personnes qui sont à l’origine de la contrainte supposée ou réelle, et tant qu’on n’a pas de preuve attestant de ces contraintes, (…) il est difficile de donner une réponse tranchée à ce genre de question », a-t-il souligné.

Source: VOA NEWS

Dr Bakary SAMBE invité de l’Emission « Dialogue des religions » sur la Voix de l’Amérique (spécial mouridisme)

Dimanche 22 novembre 2009

http://www.dailymotion.com/video/xb709q

 

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