M’bour : Conférence de Bakary SAMBE sur le rôle des chefs religieux dans la paix et la stabilité, ce 20 juin

26 juin 2015
Le Conseil départemental de M’bour organise une conférence nationale sur le rôle des chefs religieux dans la paix et la stabilité du Sénégal.
Selon Saliou Samb, le Président de ladite collectivité, c’est  »d’abord une manière de rendre hommage à tous les chefs religieux du Sénégal de toutes les confessions, au regard de leur action pour la paix, ce qui nous a jusqu’ici épargné les situations que connaissent certains pays de la sous-région. »
Le Président du Conseil départemental de M’bour dit s’inscrire dans la continuité des« messages de paix lancés par le Président Macky Sall en direction de la Oummah, mais aussi dans la valorisation de notre patrimoine religieux depuis qu’il a donné aux quais du Port de Dakar, le nom de ces personnalités qui font la fierté de notre pays. »
La conférence sera animée par le Dr. Bakary Sambe, penseur sénégalais originaire de M’bour, à l’occasion de laquelle, il présentera pour la première fois depuis sa sortie, son nouveau livre sur Boko Haram.
Des personnalités de tous bords sont attendues à M’bour, y compris des chefs de représentations diplomatiques du monde musulman accréditées au Sénégal.

BAKARY SAMBE : CONFERENCE SUR « RELIGION ET PAIX’’L’ISLAM SÉNÉGALAIS DOIT TRAVAILLER À SA COHÉSION’’

26 juin 2015

La société musulmane sénégalaise est contrainte à ’’une sorte de cohésion et d’entente’’ pour mettre fin aux débats et contradictions internes qui la caractérisent, a analysé l’universitaire sénégalais Bakary Sambe.

« Ces débats et ces contradictions sont normaux dans toute société islamique’’, a-t-il fait valoir au cours d’une conférence publique qu’il introduisait samedi à Mbour (ouest), sur le thème « Religion et paix au Sénégal : les chefs religieux, vecteurs de stabilité et développement ».

« L’islam est toujours faite de divergences », entre une « volonté locale d’unification autour des confréries’’, d’une part, et celle de faire appel, d’autre part, « à des formes d’appartenance mondialisées, qui font partie de l’évolution des sociétés », a notamment déclaré ​le conférencier.
Concernant par exemple le débat sur le croissant lunaire, sujet de divergences et de contradictions, « le Sénégal est en train de traverser une phase charnière, dans laquelle il y a une volonté d’affirmation d’une unité entre les confréries qui se reconnaissent dans une commission en charge d’observer l’apparition du croissant lunaire’’, a soutenu le chercheur sénégalais.
Cette situation « est salutaire au moment où l’islam est devenu un fait transnational et que notre islam local fait face à des contraintes, des appartenances qui, aujourd’hui, sont mondialisées », a déclaré Bakary Sambe, enseignant au Centre d’étude des religions (CER) de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis, dans le nord du Sénégal.
Selon M. Sambe, par ailleurs coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA), ’’tant que ces contradictions se résolvent, notre pays pourra avancer vers de meilleures solutions, pour éviter les cacophonies qui ne sont pas positives pour l’image de l’islam dans notre pays ».
Malgré « les soubresauts et les actualités internationales qui sont souvent présentées sous un mauvais jour, nous pouvons dire que l’islam est une religion de paix et de justice sociale », a-t-il indiqué.
« Ce qui pose problème, c’est la manipulation des symboles islamiques pour des motifs politiques », a-t-il relevé, ajoutant que les problèmes souvent constatés dans certains pays musulmans sont, en grande partie, dus à un refus ou des contestations de l’autorité.
« L’islam confrérique est un réel atout pour le Sénégal et pour l’Afrique, parce que c’est un islam qui nous a permis de vivre l’islam non pas comme une cassure ou un problème identitaire, mais de manière harmonieuse (…)’’, a-t-il souligné.
De cette manière, le Sénégal a pu intégrer « ’toutes les valeurs islamiques, tout en restant dans notre identité, en promouvant les valeurs de paix, de solidarité et de tolérance’’, telles qu’enseignées par El Hadji Malick Sy, Cheikh Ahmadou Bamba, El Hadji Ibrahima Niasse et tant d’autres guides religieux, a-t-il conclu.

Parution d’un ouvrage de Dr. Bakary Sambe Boko Haram : »L’Afrique doit se mobiliser contre la radicalisation rampante »

21 avril 2015
A la veille d’élections cruciales au Nigéria et sur l’issue desquelles planent beaucoup d’incertitudes, paraît « Boko Haram, du problème nigérian à la menace régionale ». C’est le titre du dernier ouvrage de Dr. Bakary Sambe publié chez Timbuktu Editions (mars, 2015 – Le Caire). Pour Sambe « il ne s’agit nullement d’un ouvrage de plus sur la recension des exactions ou pour contribuer au décompte macabre qui noircissent les rapports quotidiens des organisations internationales ». L’auteur dit s’être concentré sur les  « documents de base du mouvement, ses prêches, ses enregistrements et les déclarations recueillies auprès des acteurs-clés » afin de procéder à une démarche compréhensive et « partir de la perception des acteurs et de leur vision de leur propre action ».

Au-delà des tueries et des attaques récurrentes que sait-on, réellement, de Boko Haram, de sa stratégie, des profils de ses membres, de l’idéologie qui motive leurs actions et attitudes vis-à-vis de l’Etat nigérian et de la communauté internationale ? Comment, d’un problème nigérian, fruit de frustrations accumulées et d’une rupture de repères et d’imaginaire, Boko Haram est, progressivement, devenue une menace régionale ?

Après la déstabilisation du Mali, à l’heure où l’Organisation de l’Etat islamique se cherche des relais idéologiques et des zones de repli stratégiques, au moment où le Sud de la Libye est devenu une zone d’instabilité chronique, Boko Haram parviendra-t-il à ouvrir d’autres fronts? Quels seraient ses soutiens financiers, ses liens structurels avec les nébuleuses Al-Qaida, AQMI ou encore les Shebabs voisins ?

Dans cet ouvrage, alliant approche socio-historique, investigation factuelle et démarche prospective, Bakary Sambe, revient sur ces questions d’une actualité brûlante tout en réinterrogeant nombre de certitudes sur les stratégies préconisées par la communauté internationale dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler la « guerre contre le terrorisme ».

L’auteur : Dr. Bakary Sambe est enseignant-chercheur au Centre d’étude des religions (CER) de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (Sénégal) où il coordonne l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA).Politologue, spécialiste des relations internationales et spécifiquement du monde musulman et des rapports arabo-africains, il est, aujourd’hui, l’un des plus grands experts sur la problématique de la radicalisation et les réseaux transnationaux dans le Sahel. Après son essai Islam et diplomatie (2011), Sambe compte de nombreuses publications et contributions dans des ouvrages et revues internationales de référence.
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Autres articles

Bakary Sambe : « Notre pays pourrait être le médiateur idéal des conflits actuels du monde musulman »

21 avril 2015

«Notre pays pourrait être le médiateur idéal des conflits actuels du monde musulman»,
Lors d’une Conférence organisée, samedi dernier, par le Regroupement Général des Sénégalais du Canada dans le cadre des activités du « Mois du Sénégal », Bakary Sambe s’est penché sur les innombrables crises que traverse le monde musulman.
Le coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (Centre d’étude des religions de l’UGB) s’est interrogé sur le « paradoxe » selon lequel les musulmans qui « ont rêvé d’unité dans le cadre de la Oummah ont fini par plonger dans les guerres fratricides et le Djihadisme faisant de plus en plus de victimes musulmanes » se demandant « si le clash tant prophétisé par Samuel Huntington ne s’est pas finalement produit au sein de la Oummah, même si on évoque souvent des mains extérieures».
Durant cette conférence modérée par l’éminent chercheur sénégalais Khadim Ndiaye et le président du Regroupement, Amara Seydi, Bakary Sambe est largement revenu sur les dernières évolutions au Yémen et au Moyen-Orient, craignant « des risques de propagation du conflit entre alliés de l’Arabie Saoudite et de l’Iran ».
Dans ce contexte de crise où le conflit au Yémen risque de prendre des proportions inattendues, Bakary Sambe estime que « la voix du Sénégal est une chance pour la paix. Pour lui, « la position stratégique » du Sénégal et son « implication au sein de l’OCI que nous avons accueillie deux fois » font naturellement du Sénégal « le médiateur idéal dans cette crise au Moyen-Orient aux conséquences imprévisibles surtout si elle arrivait à s’étendre dans le reste de la péninsule arabique ».
Au regard de toutes ces considérations et de la complexité des enjeux dans le monde musulman contemporain, Bakary Sambe a conclu par appeler à « la vigilance et l’exploration de la voie du dialogue et de la médiation par notre pays »

Dr Bakary Sambe avec le rgsc

Credit Photo: afrikcaraibmontreal.com

Visite de Macky en Arabie Saoudite, Rébellion chiite au Yémen, engagement du Sénégal, lutte contre le terrorisme, Dr. Bakary Sambe décortique les enjeux

21 avril 2015

Exclusif- Visite de Macky en Arabie Saoudite, Rébellion chiite au Yémen, engagement du Sénégal, lutte contre le terrorisme, Dr. Bakary Sambe décortique les enjeux pour Xalima

Enseignant-Chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, spécialiste des relations arabo-africaines, du militantisme islamique et des réseaux transnationaux, Dr. Bakary accorde un entretien à Xalimasn.com. Il revient sur les enjeux de la visite de Macky Sall en Arabie Saoudite au moment où le Moyen-Orient traverse une crise majeure quelque peu occultée par l’accord cadre sur le nucléaire iranien.

D’abord, pouvez-vous revenir sur le contexte qui prévaut au Yémen et qui semble tant préoccuper l’Arabie Saoudite ?

Cette visite se déroule à un moment crucial où l’Arabie saoudite a pris la tête d’opérations militaires mobilisant des milliers d’homme et des dizaines d’appareils pour combattre les rebelles chiites houthis dirigés par Badr Dîn Ali Hussein Al-Houthi et appartenant à branche zaydite du chiisme peuplant le nord-ouest du Yémen, en rébellion contre le gouvernement central depuis la réunification des années 90. Ces rebelles chiites s’étaient aussi insurgés contre Sanaa en 2004 lors de la guerre dite du Saada. C’est une véritable opération de containment et ou de guerre préventive que mène Riyad au Yémen, l’Arabie Saoudite abritant aussi une minorité chiite dans la région pétrolifère de Charguiyya et ne voulant pas être contaminé de même que le Bahreïn qui est dans une situation similaire. Cette intervention de l’Arabie Saoudite répond à un appel en détresse du Président Abd Rabbo Mansour Hadi qui n’avait pas d’autre option sinon une allégeance à Daesh qui serait une catastrophe pour la région et la communauté internationale. Elle est justifiée par Riyad en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations Unies et des accords de défense dans le cadre de la Ligue arabe pour essayer de lui donner une certaine légalité.

Justement Macky Sall a salué cette opération dirigée par l’Arabie Saoudite et vient de réitérer le soutien « total » de Dakar à Riyad. Que cache un tel engagement ?

Les relations entre le Sénégal et l’Arabie Saoudite et le Sénégal datent des années 60 depuis le Roi Fayçal et se sont poursuivies avec l’avènement de Fahd Ibn Abdelaziz puis avec Abdallah. Senghor a eu sa visite « mémorable », Abdou Diouf a été dénommé « l’homme de Taef » et Wade a eu ses heures de gloire avec comme cerise sur le gâteau un second sommet de l’OCI plaçant notre pays au cœur des relations saoudo-africaines. Macky Sall vient de signer sa véritable entrée sur la scène moyen-orientale à une période où l’Arabie Saoudite semble vivre un tournant avec l’arrivée récente du Roi Salman connu pour son pragmatisme, surtout dans un contexte où l’Arabie Saoudite est fortement préoccupée par l’influence grandissante de l’Iran qui serait derrière les insurrections chiites au Yémen. Nous sommes donc dans un scénario proche de celui du début des années 90 où l’Arabie Saoudite menacée par saddam Hussein tenait à renforcer sa coopération avec l’Afrique surtout par le biais d’un pays « pivot » comme le Sénégal. Le soutien « total » de Macky Sall à Ryad ouvre de nouvelles perspectives pouvant aboutir à un engagement plus prononcé du Sénégal.

Cette visite est-elle aussi « historique » que celles de Diouf ou de Wade ?

La visite de Macky Sall pourrait être « historique » si le Sénégal saisissait l’opportunité des mutations de la politique saoudienne de plus en plus consciente du danger des extrémismes religieux et du terrorisme avec Daesh aux portes de la péninsule arabique, pour s’assurer de la coopération effective du Royaume dans la lutte contre la radicalisation. L’Arabie Saoudite longtemps décriée surtout pour ses relations financières avec des mouvements salafistes et wahhabites sur le continent pourrait désormais exercer une certaine pression sur des mouvements d’obédience wahhabite et collaborer avec les Etats sahéliens dans le tarissement des moyens financiers de tels groupes sur le continent. Il y a aujourd’hui une réelle convergence d’intérêts que le Sénégal, avec les pays de la sous-région, pourrait mettre à profit dans ce cadre. L’Arabie Saoudite semble avoir compris que le développement du radicalisme religieux n’est dans l’intérêt d’aucun pays. La volonté de l’aile politique du pouvoir saoudien est nette dans ce domaine. Reste à savoir si l’aile religieuse fera preuve d’une même ouverture sans résistances.

Mais cet engagement du Sénégal se justifiait-il si l’on sait les risques que notre pays prend en même temps ?

Il faut voir dans cette opération « tempête de fermeté » la reconstitution d’un front sunnite en Orient comme au Maghreb. Parmi les pays engagés aux côtés de Riyad, l’Égypte, la Jordanie, le Soudan, et le Maroc. Le Pakistan a, de sa part, indiqué avoir été sollicité et avoir mis la question « à l’étude », une manière très diplomatique de prendre le temps de réfléchir. Mais il y a des constantes et des équilibres dans notre diplomatie : le Sénégal partage avec l’Arabie Saoudite et le Maroc, la commission Al-Quds aux Nations Unies où ils sont les défenseurs des « droits inaliénables du peuple palestinien ». Il est vrai que cet axe stratégique s’est renforcé avec comme têtes de pont l’Arabie Saoudite au Mashrek, le Maroc au Maghreb et le Sénégal en Afrique subsaharienne. D’autres Etats du Golfe s’intéressent à notre pays au regard de sa position stratégique mais aussi sa « voix » symbolique au sein de l’ensemble francophone africain et des organisations panislamiques internationales. C’est le cas du Qatar par exemple. J’ose espérer que les autorités sénégalaises ont mesuré aussi les risques inhérents à un tel engagement sur le plan diplomatique et sécuritaire : les rebelles chiites bénéficient incontestablement du soutien de l’Iran dont il ne faut pas négliger les capacités de nuisance, encore réelles, si l’on se réfère à l’histoire récente avec les armes dites « iraniennes » ayant transité par un pays enclavé dans notre territoire et destinées à des groupes rebelles.

Notre pays s’est-il donc embarqué dans une situation confuse au Moyen-Orient avec des conséquences sécuritaires à venir ?

La confrontation historique entre sunnisme et chiisme conquérants a de beaux jours devant elle. Elle a commencé au 7e siècle et ne finira pas de sitôt. L’Iran et l’Arabie saoudite ont toujours été dans cette logique de confrontation idéologique sous couvert de prédications religieuses contradictoires et sont à la recherche effrénée d’alliances partout dans le monde musulman. L’Arabie Saoudite cherche aussi à contenir cette influence iranienne partout dans le monde musulman comme l’Iran arrive à nouer des relations avec certains groupes notamment soufis en Afrique où le salafisme wahhabite combat les confréries. Riyad a d’ailleurs tout intérêt à modérer ses ardeurs et ses partenaires dans ce combat et mieux comprendre les nouveaux enjeux de sa politique extérieure en Afrique. Mais le plus à craindre ce sont les inéluctables retombées des inconséquences et contradictions de la diplomatie occidentale en Orient. Au même moment où elle assure son soutien logistique et en renseignement à l’Arabie Saoudite, au Yémen en proie à des rebelles chiites, elle s’appuie sur des rebelles chiites, en Irak et en Syrie, pour venir à bout de l’Organisation de « l’Etat islamique ». La question est surtout comment les pays du Conseil de coopération du Golfe vont apprécier cette nouvelle donne selon laquelle l’Iran devient de plus en plus fréquentable auprès de leurs alliés occidentaux dont le réalisme diplomatique en arrive à brouilles toutes les grilles d’analyse.

Propos recueillis par Xalimasn.com

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Bakary Sambe en conférence à Montréal – le radicalisme islamique : quels enjeux pour l’Afrique et le Monde

21 avril 2015

Dans un contexte lourd de tensions au Moyen-Orient avec l’Organisation de l’Etat islamique « Daesh », le conflit au Yémen, l’affrontement sunnite-chiite, avec des foyers de tension qui n’épargnent pas l’Afrique notamment la région du Sahel, les Sénégalais du Canada ont voulu soulever un débat de haute importance sur le « radicalisme islamique », ses enjeux en Afrique et dans le monde afin de susciter réflexions et échanges entre universitaires, intellectuels et acteurs de la vie culturelle et politique au Canada.
Le Regroupement Général des Sénégalais du Canada (RGSC) réédite cette année les manifestations culturelles consacrées au Sénégal au Canada. Dans le cadre des activités qui se déroulent tout le long du mois d’avril, Dr. Bakary Sambe de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, est l’invité des Sénégalais du Canada, ce samedi 11 avril pour une conférence sur « le radicalisme islamique : quels enjeux pour l’Afrique et le Monde ».
Cette conférence se déroule au moment où Bakary Sambe, auteur entre autres d’un ouvrage intitulé Islam et diplomatie, (2011), connu pour ses analyses sur le phénomène de la radicalisation dans le Sahel vient de publier chez Timbuktu Editions, Boko Haram, du problème nigérian à la menace régionale (mars 2015). On se doute bien qu’une telle conférence très attendue dans toute la diaspora sera l’occasion de revenir sur les dernières sorties de l’auteur sur une « alternative africaine à l’extrémisme religieux » mais aussi d’autres questions aussi importantes que l’avenir du modèle confrérique sénégalais face à la montée du radicalisme, la place des Africains musulmans dans la Oummah et les grands débats et interrogations qui la traversent.
Bakary Sambe confie à Xalima, avant de quitter Dakar, que « cette initiative de la part de nos compatriotes du Canada est à saluer dans le sens où elle offre le cadre d’une expression de voix africaines et du Sud sur un sujet important pour le monde entier ».
Pour le coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (ORCRA), « il est temps que, sur ce marché de biens symboliques et culturels qu’est notre monde globalisé, l’on puisse identifier notre approche africaine, selon notre propre perspective sur les grandes questions du siècle ». « La bataille conceptuelle est l’une des plus importantes à gagner si l’on ne veut pas que le continent subisse passivement la marche des idées au lieu d’être acteur de la révolution paradigmatique qui s’impose pour que la voix du Sud puisse être encore plus audible et respectée », ajoute-t-il.

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Dr Bakary SAMBE, enseignant à l’UGB : «Boko Haram s’inscrit dans la logique d’une sordide manipulation politique des symboles religieux »

6 mars 2015

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Dr Bakary SAMBE, enseignant à l’UGB : «Boko Haram s’inscrit dans la logique d’une sordide manipulation politique des symboles religieux »

Dr Bakary Sambe est le coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (Orcra) au Centre d’étude de religions (Cer) une structure unique en son genre sur le continent, créée, il y a deux ans, par l’université Gaston Berger de Saint-Louis. M. Sambe est, par ailleurs, expert international ayant été chargé de la préparation du récent document d’analyse sur Boko Haram du Bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest (Unowa), du rapport Paix et sécurité dans l’espace Cedeao (2013), sur le radicalisme religieux et la menace terroriste en collaboration avec l’Institut d’Etude de sécurité (Iss) de Dakar. Politologue, il est spécialiste du monde musulman, plus spécifiquement des relations arabo-africaines, du militantisme islamique et des réseaux transnationaux. Dans cet entretien, il décortique l’objectif et le modus operandi de Boko Haram, ainsi que ses liens avec les autres mouvements terroristes.

Comment expliquez-vous la naissance de l’extrémisme en Afrique et surtout de Boko Haram ?
Lorsque le phénomène Aqmi s’est déclaré dans les sociétés maghrébines, il fallait s’attendre à sa propagation au moins idéologique au sud du Sahara. Bien avant cela, depuis les années 70, suite aux vagues de désertification, les pays du Sahel ont été le lieu de déploiement de toutes sortes d’organisations alliant « da’wah » (prédication) et « ighâtha » (secours, humanitaire) pour l’exportation d’idéologies telles que celles qui ont cautionné la destruction des mausolées de Tombouctou. Ces idéologies sont présentes dans tous les pays de la bande sahélienne et inspirent le « takfîr », le fait de déclarer « impies » même certaines franges des musulmans comme le fait exactement Boko Haram. La négation du système étatique, de son système d’éducation pour une prétendue « islamisation » de la société et de l’Etat.
C’est en 2002 que Muhammad Yusuf, issu du Mouvement des Yan Brothers finalement appelé « yusufî », crée la Jamâ’atou Ahli Sunnah li da’wati wa –l-jihad plus connue sous le nom de Boko Haram mettant la question éducative au centre de son combat contre « l’Etat injuste » parce que n’appliquant pas ce que le mouvement considère comme la charia. C’est une rupture d’imaginaire et de repères entre le gouvernement d’Abuja et cette jeunesse du Nord dont une partie est enrôlée par Boko Haram opposant au modèle d’Etat à l’occidentale, celui de Sokoto et d’Ousmane Dan Fodio. Cette rupture est consommée et l’affrontement reste le seul lien. Il est aujourd’hui difficile de sortir de cette spirale de la violence.

Boko Haram sème la terreur au sein de la population en enlevant des lycéennes, commet des attentats dans les marchés voire les mosquées. Pourtant, ces éléments se réclament de l’Islam. Qu’en dites-vous ?
Boko Haram s’inscrit dans la logique de ces mouvements qui se sont toujours adonnés à une sordide manipulation politique des symboles religieux. Les actions de tels mouvements favorisent la stigmatisation des musulmans et de leur religion alors que l’islam est une religion de paix. De la même manière que les extrémistes de tous bords se réfugient derrière la religion pour commettre leurs forfaitures, les éléments de Boko Haram utilisent l’islam pour solder leur compte avec l’Etat fédéral nigérian ; leurs victimes dépassent largement le cadre de ceux qu’ils veulent combattre comme des « impies », selon leur expression et englobe en grande majorité même des musulmans qui ne partagent pas leur vision étriquée de l’islam. La racine du mal est dans ce salafisme exclusif qui prétend détenir le dogme véritable « al-aqîdah al-çahîha » et s’accapare même l’appellation de sunnite insinuant par exemple que les adeptes des Tarîqa sont dans la déviance. Il faudra que l’on y prenne garde, même chez nous, au Sénégal.

Des jeunes vulnérables sont souvent la cible de ce mouvement. Est-ce à dire que c’est la pauvreté qui favorise l’éclosion et l’essor de ces mouvements. S’il y en a d’autres causes, quelles sont-elles ?
La paupérisation aggravée de certaines franges de la population, la marginalisation poussée de jeunes désœuvrés sont parmi les facteurs explicatifs de la radicalisation. Mais la source principale se trouve dans l’affaiblissement des Etats sahéliens à partir des sécheresses des années 1970 suivies des politiques drastiques dites d’ajustement structurels ayant porté un rude coup aux secteurs de l’éducation, de la santé du travail social. Ce sont ces secteurs que les mouvements radicaux ont investis avec la stratégie d’islamisation par le bas reposant sur deux socles : la « da’wah » (prédication) et « ighâtha », le travail social et humanitaire. Par ce biais, le salafisme dont le but premier est la destruction de l’islam local notamment confrérique s’est largement répandu jusqu’à prendre aujourd’hui la forme djihadiste comme au Nord du Mali. S’y ajoute que suite à la chute du mur de Berlin, l’islam est devenu, pour certaines sociétés du Sud comme d’autres marginalisées du Nord, une forme d’alternative à opposer à l’ultralibéralisme dévastateur du lien social et des économies, mais sert aussi de résistance à l’arrogance des plus puissants comme des régimes despotiques du monde musulman.

Boko Haram s’attaque aux pays voisins du Nigeria (Cameroun, Tchad, Niger) au point que ces derniers sont obligés d’intervenir dans le territoire nigérian. Mieux, une force a été constituée pour aller à l’assaut du mouvement. Quelle analyse en faites-vous ?
Il ne faut pas exclure que ce qui se déroule au Moyen-Orient avec l’organisation de l’Etat islamique inspire une volonté d’établir l’Etat islamique dont rêvait Muhammad Yusuf autour du bassin du lac Tchad. Al-Qaida a changé de stratégie depuis l’expérience afghane : au lieu d’une politique globale avec une direction centralisée, l’idéologie djihadiste se limite à une récupération opportuniste des conflits locaux en les « islamisant » comme au Nord du Mali. Il est à craindre que ce bassin du Lac Tchad devienne une nouvelle zone d’instabilité au cœur du continent s’ajoutant au Sud libyen, au Nord Mali. Les inéluctables interventions militaires qui se profilent ne régleront, malheureusement, pas le problème malgré leur nécessité conjoncturelle pour reprendre le contrôle de ses territoires. Boko Haram, d’un problème originellement nigérian, s’est muée en une menace régionale à laquelle il faut désormais faire face.

Pourtant, l’Ua dispose d’une force d’intervention et la Cedeao a l’Ecomog, mais, ce sont des forces que l’on n’a pas vu sur le terrain ?
On sera sur le même scénario que lors de la crise malienne. La question logistique et celle du financement de cette opération militaire qui ne sera pas une promenade de santé se posera malheureusement à terme et l’on sera obligé de recourir à un mandat onusien avec une coalition internationale sans que les instances africaines puissent peser sur les grandes orientations à cause de leurs divisions et des querelles de leadership dans la sous-région.
Certains accusent le gouvernement nigérian de laxisme vis-à-vis de Boko Haram. Pensez-vous que le Nigeria, première puissance économique du continent, met tous les atouts de son côté pour éradiquer le fléau ?
Au Nigeria, la sécurité engloutit le quart du budget fédéral évalué à coups de milliards de dollars. Paradoxalement, aux trois Etats du Nord les plus touchés par le phénomène Boko Haram, seuls 2 millions de dollars sont alloués. S’y ajoute que depuis le tournant de 2009 et l’opération dite « Flush out », les forces de sécurité nigériane perdent de plus en plus la bataille du renseignement avec une population entenaillée entre les accusations de connivence et les exactions de Boko Haram leur reprochant de collaborer avec « l’Etat impie et injuste » (al-hukûma al-jâ’ira ». La confusion suite à la création des Civilian Task Forces comme des milices d’autodéfense en plus des inter-manipulations entre Boko Haram et la classe politique plonge le Nord Nigeria dans une situation d’insécurité endémique. C’est le président Jonathan lui-même qui déclare fin 2014 : « Boko Haram has infiltrated my government » (Boko Haram a infiltré mon gouvernement).

En s’attaquant à des églises, Boko Haram ne risque-t-il pas de créer ce que vous avez l’habitude d’appeler « le choc des extrémismes » ?
Boko Haram a toujours voulu jouer sur la dialectique entre un Nord majoritairement musulman exclu de l’exercice du pouvoir – surtout depuis l’élection de Goodluck Jonathan – et d’un Sud chrétien et animiste qui serait sous influence de l’Occident, accaparant le pouvoir et perpétuant le projet « occidental » de christianisation du pays « ‘amaliyyat tancîr » comme disait Muhammad Yusuf dans ses premiers sermons. Parmi les cibles privilégiées du mouvement, les chrétiens, considérés dans l’univers discursif et idéologique de Boko Haram, comme les « suppôts » de l’Occident et de son modèle. Heureusement que les leaders religieux musulmans comme chrétiens, dans leur majorité, ne sont jamais tombés dans ce piège de Boko Haram voulant provoquer une guerre totale entre les composantes confessionnelles d’un pays déjà fragilisé.
Mais, la crainte est partagée d’un affrontement inéluctable, en Afrique, entre l’évangélisme prosélyte et l’islam radical conquérant. Les deux ont les mêmes méthodes : s’occuper des populations démunies pour, plus tard, préoccuper l’Etat affaibli qui, souvent, brille par le déficit d’Etat dans des secteurs aussi névralgiques que l’éducation, la santé, le social. Comme j’ai eu à le dire franchement aux partenaires au développement lors du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, les différentes stratégies au Sahel qui se mettent en place, parfois par des schémas top-down, sans ancrage sociologique, doivent, malheureusement, avouer un retard de quarante ans par rapport aux réseaux qu’elles visent à éradiquer aujourd’hui. Les extrémismes de tous bords disposent abondamment de deux ressources faisant cruellement défaut à nos Etats assaillis par les urgences: le temps pour dérouler leurs stratégies à long terme (par fois au prix de compromis temporaires « taqiyya ») et l’argent pour se substituer à l’Etat avant de l’affaiblir à défaut de l’anéantir.

Avec la chute de Khadafi, la Libye est devenue l’épicentre de ce terrorisme qui impose un défi de type nouveau parce que transnational, violent avec des hommes déterminés et aguerris dont le mode opératoire repose sur des attentats, enlèvements, piraterie, trafic d’armes, etc. Cela, face à un manque de moyens ou de stratégies des pays. N’est-ce pas un problème ?
La boîte de Pandore avait été ouverte depuis la partition du Soudan. Ce n’est pas un hasard si l’opération militaire en Libye est baptisée « l’aube de l’Odyssée ». Le continent est embarqué, pour au moins un quart de siècle, dans un cycle d’instabilité que ne pourront régler les seules opérations militaires. L’opération Serval est passée, Barkhane se met en place mais les groupes djihadistes sont encore plus que déterminés et mieux armés dans le Sud libyen comme dans les zones rocailleuses d’Agharghart ou de Timidghin (Sud algérien) mais aussi le Nord Mali avec des attaques récurrentes. La leçon à retenir est qu’on ne vainc pas le terrorisme avec des chars et des drones. Il faut investir dans la prévention, dans des systèmes éducatifs performants, promouvoir la bonne gouvernance et la justice sociale. C’était le sens de la Bande dessinée « prévenir les extrémismes » lancée à Dakar et réalisée en coopération avec la Fondation Konrad Adenauer pour les écoles africaines. Aucun Etat au monde ne peut lutter seul contre le terrorisme. Il faut une coopération internationale donnant sa chance à la prévention si l’on ne veut pas s’embourber davantage dans l’interventionnisme qui alimente le djihadisme et fait le lit de situations dramatiques exploitées à leur tour par l’extrémisme violent.

Comment faire pour juguler l’action du mouvement qui, vous le disiez tantôt, a des ramifications (liens avec d’autres mouvements extrémistes) ? 
La pire des choses à craindre est que Boko Haram devienne un label inspirant les laissés-pour-compte de nos systèmes éducatifs, souvent, dans une dualité improductive, génératrice de frustrations et de marginalisation. Entre Boko Haram et les autres mouvances djihadistes opérant dans le Sahel et à l’international, la connivence idéologique en termes de discours et d’objectifs est bien établie. Malgré les déclarations d’Abubakar Shekau faisant allégeance à l’Organisation de l’Etat islamique en Irak, on ne peut prouver de liens organisationnels avec un commandement centralisé entre Boko Haram et Al-Qaida ou même Aqmi. La naissance du Mujao avait été expliquée par beaucoup d’experts comme un repli identitaire des islamistes noirs africains souffrant d’une discrimination de la part des « Algériens » d’Aqmi, Boko Hram reste la manifestation d’un djihadisme africain se nourrissant beaucoup plus de l’imaginaire de Sokoto et d’Usma Dan Fodio que des théories d’Al Baghdâdî. Le fond idéologique reste, toutefois, le même comme il y a un partage de vue sur la création de l’Etat islamique tant rêvé. De plus en plus, le parallélisme entre l’action d’Al-Baghdadi en Irak et celle des hommes de Shekau dans le bassin du lac Tchad est brandi comme pour prouver l’unité du mouvement djihadiste. Sur le plan opérationnel, il n’est pas à exclure que des entraînements de combattants soient les premiers jalons d’une coopération entre factions djihadistes sur le continent et au-delà.

Propos recueillis par  Daouda MANE

Le professeur Bakary Sambe sur la lutte contre le terrorisme : «Privilégier la prévention à la place de l’intervention»

24 février 2015
bakary

La prévention à la place de l’intervention est la meilleure manière de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme à travers l’éducation. C’est l’avis de Bacary Samb, professeur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis hier, jeudi 19 février,  lors de la cérémonie de lancement de la bande dessinée pédagogique Afrique Citoyenne intitulée «Prévenir les extrémismes» à la fondation Konrad Adenauer.
«Les armes les plus redoutables contre l’extrémisme et le terrorisme sont l’éducation: un système éducatif performant, la  tolérance et surtout, la prévention à la place de l’intervention». Bacary Samb dixit.  Le professeur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis était l’un des conférenciers lors de la cérémonie de lancement hier, jeudi 19 février, de la bande dessinée pédagogique Afrique Citoyenne intitulée «Prévenir les extrémismes» à la fondation Konrad Adenauer.
«Personne n’ignore l’importance de la prévention dans cette lutte contre l’extrémisme et le terrorisme. J’ai tendance à dire que si on attend que ces groupes s’installent chez-nous et qu’on arrive avec des chars et des armes pour les combattre, la grande bataille est perdu dans cette guerre  contre le terrorisme et l’extrémisme», fait-il comprendre. Avant de préciser que ce phénomène ne peut être éradiqué que par «l’éducation, la prévention, la promotion de la bonne gouvernance, l’éradication de l’injuste social qui sont à la base des frustrations   récupérées par ces groupes extrémistes qui, aujourd’hui, menacent  la stabilité du Sahel et des pays africains de manière générale».
Selon le professeur, le Sénégal doit se doter de texte contre tout discours de promotion de la haine qui attise  les tensions alors que notre pays et surtout le continent africain a aujourd’hui  besoin d’apaisement de paix, de sécurité, de développement durable. Pour le professeur, même les pays qui ont un système de sécurité le plus performant sont menacés, à plus forte raison des pays africains, comme le Sénégal, qui doivent encore faire des efforts dans le domaine sécuritaire et de la défense du territoire.
Il  ajoute  que  la nouvelle Afrique Citoyenne  va permettre la conscientisation des jeunes et la promotion d’une nouvelle citoyenneté basée sur l’engagement responsable des jeunes dans les espaces scolaire, universitaire, au niveau de la société, de la nation. Elle contribuera  à une sensibilisation sur les dangers des extrémistes.

Sud Quotidien

Alors que « l’Etat islamique » et la situation en Irak captent toute l’attention face à une « intervention militaire imminente et dont les conséquences pour la paix mondiale sont plus qu’incertaines», Bakary Sambe soutient que « plus près de nous, le Sud Libyen présente tous les signes d’une désagrégation dont pourraient profiter des groupes djihadistes du même profil que l’EII ».
Dans un entretien accordé à Dakaractu, le coordonnateur de l’Observatoire des radicalismes et conflits religieux en Afrique (Centre d’étude des religions de l’Université Gaston Berger), soutient que « l’espoir d’une transition démocratique en Libye s’est envolé et que le pays est plus que jamais au bord de l’implosion, si ce n’est déjà fait ».
Pour Sambe « la capitale, Tripoli, après Benghazi, est en train de sombrer dans la guerre des clans et des factions alors que les milices ethnico-religieuses se sont emparé d’une bonne partie du territoire avec des attaques récurrentes contre le pouvoir central dont la légitimité est fortement contestée ».
« La situation est plus que préoccupante, rappelle-t-il, d’autant plus qu’il ne s’agit même plus d’un Etat en crise mais d’un morcellement socio-politique avec la multiplication des brigades, de Benghazi comme celles de Zentan, de Misrata, à l’est de la capitale mais aussi de Benghazi faisant référence à l’islam malgré les rivalités en Cyrénaïque ».
Revenant sur les dernières évolutions dans le Sud libyen qui, pour lui, « est d’un enjeu capital sur la sécurité dans la bande sahélo-saharienne », Bakary Sambe, dit « alerter la communauté internationale sur la multiplication des milices religieuses ou rattachées à des chefs locaux ou à des groupes ethniques ». Pour Sambe « tout le danger est dans l’imbrication de facteurs ethniques et religieux avec l’affrontement inéluctable entre Berbères, Touaregs et Toubou cherchant à former un gouvernement du Sud libyen jouant sur la récupération des ex-frustrés du régime de Khadhafi ».
Ainsi, Dr. Sambe soutient que « l’éventuelle propagation du conflit au Maghreb avec l’Algérie en pleine crise, la Tunisie que guette le danger Ançâr Shâria  et l’Egypte qui n’a pas été étrangère aux derniers raids émiratis suite à l’implication soupçonnée du Qatar auprès de Frères Musulmans, n’augurent rien de bon pour la région ».
« Il y a là tous les ingrédients d’une déstabilisation dont les conséquences n’épargneront p

Nouveau numéro de la Bd « Afrique Citoyenne » : L’éducation comme prévention contre les extrémismes

24 février 2015

La fondation Konrad Adenauer a abrité un débat animé par Bakary Sambe, enseignant à l’Ugb, sur la recrudescence de l’extrémisme en Afrique et dans le monde. C’était jeudi, à l’occasion de la sortie du nouveau numéro de la bande dessinée pédagogique « Afrique Citoyenne ».
konrad adenauer logoLa prévention des extrémismes doit préoccuper tous les Etats afin d’éviter les crises, comme celles qui affectent tout le Sahel. Car partout dans le monde, le constat est à la recrudescence des extrémismes de tous bords. Au Mali comme au Nigéria, l’extrémisme sème la terreur chez les populations, crée et accentue de dangereux stéréotypes, la peur de l’autre, la haine et la violence.
Ces mouvements ont pour cible privilégiée les jeunes qui sont facilement manipulables. Les couches jeunes et vulnérables s’exposent aux idées et actions de mouvements extrémistes du fait d’un contexte de pauvreté ambiante, d’un niveau d’instruction souvent faible et d’une perte de valeurs. Et le Dr Bakary Sambe parle d’un sentiment du « déjà trop tard », évoquant les discussions sur la stratégie à adopter par les Etats et les acteurs pour lutter contre ce fléau. « En quarante ans, c’est déjà trop tard pour la situation qui règne en ce moment dans le Sahel », relève-t-il. Selon le Dr Sambe, l’éducation est fondamentale car « mieux vaut prévenir que guérir ». Même s’il est conscient qu’il faut faire la guerre contre le terrorisme, il demeure convaincu que la meilleure solution c’est « l’éducation et surtout la justice sociale ». La situation de l’extrémisme est devenue aussi de plus en plus préoccupante en milieu scolaire et académique, aidée par les réseaux sociaux qu’utilisent les élèves et les étudiants. De témoignages demeurent inquiétants sur le nombre grandissant de jeunes enrôlés dans l’extrémisme au Sénégal et partout ailleurs. Ce qui fait dire au conférencier que l’extrémisme est un état d’esprit. Pour l’enseignant de l’Ugb, « l’Islam est en crise et qu’il faut que nous ayons le courage d’installer des ponts de dialogue ».
Dr Sambe craint le choc des extrémismes entre musulmans et catholiques. En abordant l’histoire de nombreux mouvements extrémistes notamment en Afrique, il soutient que Bokko Haram est une exagération. « Tout était bien préparé pour la destruction de l’éducation bien assise dans le Sahel », précise M. Sambe.
C’est dans cette perspective de prévention des extrémismes que la Fondation Konrad Adenauer et l’Asecod ont sorti le nouveau numéro de cette bande dessinée pédagogique. Ce journal composé de dessins est tiré à 10.000 exemplaires distribués à toutes les institutions de formation moyenne et secondaire ainsi qu’aux organisations et mouvements de jeunesse du Sénégal. Selon son président Sidy Dieng, « les actes de terrorisme frappent des cibles innocents et de tous bords ». Andréa Kolb milite, quant à elle, pour la promotion de la tolérance.

Cheikh Malick COLY

 

Lutte contre le terrorisme – Bakary Sambe (CRAC- UGB) contribue à la bande dessinée pédagogique : « Prévenir les extrémismes »

24 février 2015

bakary.jpg« Je crois à l’efficacité des deux redoutables armes que sont l’éducation et la justice sociale. Il faut privilégier la prévention à l’intervention ». Telle a été la conclusion de l’intervention de Dr. Bakary Sambe (Centre d’étude des religions Crac-UGB) l’un des scénaristes de la bande dessinée Afrique Citoyenne dont le dernier numéro est intitulé « prévenir les extrémismes » destinée aux élèves de l’Afrique

. La prévention à la place de l’intervention est la meilleure manière de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme à travers l’éducation. C’est l’avis de Bakary Sambe, professeur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, le jeudi 19 février dernier, lors de la cérémonie de lancement de la bande dessinée pédagogique Afrique Citoyenne intitulée «Prévenir les extrémismes» à la fondation Konrad Adenauer. «Les armes les plus redoutables contre l’extrémisme et le terrorisme sont l’éducation: un système éducatif performant, la tolérance et surtout, la prévention à la place de l’intervention» selon toujours Bakary Sambe, un des conférenciers lors de la cérémonie de lancement, jeudi, de la bande dessinée.
 «Personne n’ignore l’importance de la prévention dans cette lutte contre l’extrémisme et le terrorisme. J’ai tendance à dire que si on attend que ces groupes s’installent chez-nous et qu’on arrive avec des chars et des armes pour les combattre, la grande bataille est perdu dans cette guerre contre le terrorisme et l’extrémisme», fait-il comprendre. Avant de préciser que ce phénomène ne peut être éradiqué que par «l’éducation, la prévention, la promotion de la bonne gouvernance, l’éradication de l’injuste sociale qui sont à la base des frustrations récupérées par ces groupes extrémistes qui, aujourd’hui, menacent la stabilité du Sahel et des pays africains de manière générale». Selon le professeur, le Sénégal doit se doter de texte contre tout discours de promotion de la haine qui attise les tensions alors que notre pays et surtout le continent africain a aujourd’hui besoin d’apaisement, de paix, de sécurité, de développement durable.
Pour le professeur, même les pays qui ont un système de sécurité le plus performant sont menacés, à plus forte raison des pays africains, comme le Sénégal, qui doivent encore faire des efforts dans le domaine sécuritaire et de la défense du territoire. Il ajoute que la nouvelle Afrique Citoyenne va permettre la conscientisation des jeunes et la promotion d’une nouvelle citoyenneté basée sur l’engagement responsable des jeunes dans les espaces scolaire, universitaire, au niveau de la société, de la nation. Elle contribuera à une sensibilisation sur les dangers des extrémistes.
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